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Le service public de formation, un outil pour renforcer la visibilité politique du rôle des Régions
5/06/2009 

Un peu des deux selon les publics, sans doute… L’ARF organisait le 3 juin dernier à Amiens un séminaire en marge de la réunion de sa commission formation intitulé « La création et la mise en œuvre des services publics régionaux de la formation ».

C’est au cabinet conseil, Circé, qui a produit une étude et un guide pratique pour l’ARF à ce sujet, qu’est revenue la tâche d’animer un débat qui réunissait outre des représentants de la formation en régions mais aussi des membres de la FFP, de Pôle emploi et des partenaires sociaux.

Au-delà des difficultés purement juridiques à mettre en place un service public régional de formation, davantage autorisé en droit communautaire que français, c’est une visibilité politique de leur rôle en matière de formation que visent les Régions.

Didier Cardon, vice-président de la Région Picardie en charge de la formation ne s’en est pas caché : « Nous sommes dans un contexte de forte mutation de la gouvernance territoriale avec la réforme en cours mais aussi avec la révision des politiques d’insertion ; il faut renforcer la visibilité politique des Régions en matière de formation ».

Jean-Marie Luttringer de Circé Consultants a renchéri : « La création de services publics régionaux de la formation (SPRF) constitue un enjeu majeur de gouvernance territoriale, nous sommes à un moment stratégique où les partenaires sociaux et les Régions se sont découverts des intérêts communs, une volonté d’autonomie par rapport à l’Etat s’agissant de l’action envers les plus éloignés de l’emploi. »

Pascale Gérard, vice-présidente de la Région Paca en charge de la formation, a été encore plus directe qualifiant d’antinomique « la notion de marché et de SPRF », puis évoquant sa Région qui a créé son SPRF en octobre dernier, elle a révélé « une expérimentation qui va au-delà des politiques contractuelles avec les partenaires sociaux, ajoutant, nous cherchons à mettre en place de véritables fonds régionaux en direction des salariés fragiles et des demandeurs d’emploi ».

Pierre Courbebaisse, qui représentait la FFP, a appelé de son côté à un « accès universel à la formation, une universalité du statut de stagiaire indépendante de sa situation dans l’emploi. C’est là le vrai problème et les SPRF n’ont pas compétence pour le traiter. A la FFP, on rêve de ces comptes individuels de formation. Le système de mandatement sur cinq ans d’organismes de formation dans le cadre de ces SPRF est beaucoup trop rigide, les besoins évoluent beaucoup plus vite ». Jean-Marie Luttringer en tant qu’expert l’a aussitôt contredit : « On ne peut concevoir un droit universel ou un compte épargne formation pour tous. Il faut faire avec la complexité des statuts », a-t-il assuré.

Le mot de la fin est revenu à Pascale Gérard, chargée du dossier formation au PS, pour annoncer non sans fierté que cinq Régions s’étaient d’ores et déjà fermement engagées dans la construction d’un SPRF : la sienne, Paca, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, le Limousin et la Picardie. Contre vents et marées juridiques et politiques.

© Centre INFFO

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