Nouvelle donne Etat-Régions: les Régions dénoncent des annonces sans lendemain

Les Président.e.s de Région attendent un signal fort du Premier ministre pour remettre sur de bons rails leur dialogue avec l’Etat sur l’emploi.

Le 2 février dernier, le Président de la République et le Premier ministre avaient reçu les Présidents de Région pour leur faire part de leur volonté d’initier une nouvelle donne dans la relation Etat/Régions. Le gouvernement avait mis en avant son souhait d’un nouveau partenariat pour lutter de manière conjointe contre le fléau qu’est le chômage.

Le désir du gouvernement était alors de construire une plateforme commune d’engagements sur la formation professionnelle des demandeurs d’emploi, sur le développement de l’apprentissage et le soutien ciblé aux PME et aux ETI.

Philippe RICHERT, Président de l’ARF, avait salué ces propositions, regrettant tout de même que les propositions développées par l’exécutif ne soient pas accompagnées d’engagements fermes, en termes de ressources, afin que les Régions puissent mener à bien ces politiques publiques.

Changer de logiciel

En dépit de l’engagement du Président de la République et du Premier Ministre, plusieurs Ministres avaient tenu, lors de ce séminaire de travail, des propos laissant entendre que le souhait de renforcer les compétences des Régions n’était pas au goût de tous. Pour rappel, ce séminaire avait pour but d’illustrer la nécessité de changer de logiciel sur les politiques de l’emploi face à l’inexorable montée du chômage, en laissant les manettes aux Régions, qui s’occupent déjà de formation professionnelle et d’orientation.

Deux jours plus tard, le Président de la République, François Hollande, se rendait dans les locaux de Pôle Emploi, laissant ainsi penser que cet opérateur de l’Etat pourrait travailler directement avec l’Etat sans s’inscrire dans les politiques conduites par les Régions en matière de formation professionnelle et de développement économique. Laissant aussi à penser que ces annonces du Gouvernement pourraient être malheureusement sans lendemain…

Malgré ces difficultés, Philippe RICHERT avait néanmoins souhaité que l’ARF et les Régions participent de manière active à l’élaboration de cette plateforme, et que des propositions ambitieuses soient faites à l’Etat dans le domaine de l’emploi, de la formation professionnelle et du développement économique.

Des annonces sur les Trains intercités sans aucune consultation

Néanmoins, si les discussions se poursuivent, cette nouvelle donne annoncée par le Premier Ministre lui-même présente une extrême fragilité. En effet, le Secrétaire d’Etat aux Transports s’apprête à présenter ce vendredi 19 février 2016 une nouvelle feuille de route sur les Trains d’Equilibre du Territoire (dits également trains Intercités), notamment sur la question du renouvellement du matériel roulant, sans aucune consultation du Président de l’ARF, malgré ses nombreuses demandes de rendez-vous qui se sont heurtées à une fin de non-recevoir. Le Secrétaire d’Etat s’est finalement contenté d’un simple appel téléphonique dans lequel il a rejeté brutalement toutes les propositions du Président de l’ARF. Pourtant, n’est-ce pas la Région qui est en charge de l’ensemble des transports non urbains dans les territoires ?

Or, les annonces envisagées par l’Etat apparaissent en décalage total avec les propositions faites jusqu’à présent par les Régions. Celles-ci proposaient de renouveler les trains TET en commandant des versions spécifiquement développées pour les TET sur la base des trains régionaux existants REGIOLIS et REGIO 2N, produits par Alstom et Bombardier, dont les premières rames viennent d’être livrées aux Régions…

Cette proposition apportait à la fois une amélioration considérable des conditions dans lesquelles les centaines de milliers de voyageurs des TET sont transportés tous les jours, et à un moindre coût, en passant par la réutilisation des technologies existantes développées pour les TER de dernière génération.

Elle permettait également de répondre au risque de baisse de charge de travail chez Alstom et Bombardier qui mettrait en péril des milliers d’emplois si la décision du Secrétaire d’Etat aux Transports devait être de relancer une procédure d’appel d’offres qui induirait un délai supplémentaire de près de trois ans !

Dans ces conditions, Philippe RICHERT a souhaité en appeler à l’arbitrage du Premier Ministre pour faire en sorte que cette « nouvelle donne » soit réellement suivie d’effet et qu’elle ne soit pas prise en otage par l’attitude d’un membre du gouvernement.

Les Régions en appellent au Premier ministre

Cette nouvelle donne constitue en effet la dernière chance pour engager un dialogue véritablement équilibré et horizontal entre l’Etat et les Régions. Elle est aussi la dernière solution pour lutter contre le chômage ensemble, au service des demandeurs d’emploi, apprentis et PME et ETI.

Les Président.e.s de Région attendent donc un signal fort du Premier Ministre pour remettre ce dialogue sur de bons rails.

Lire le CP 17022016