Faire de la « priorité à la jeunesse » une réalité

La promesse du candidat Hollande, la jeunesse, ne doit pas être la grande oubliée de la réforme territoriale.

Nouveau volet de cette réforme voulue par le président de la république, le projet de loi NOTRe est actuellement en discussion au Parlement.

Avec pour objectif de clarifier les compétences de nos collectivités, ce projet de loi substitue à la clause de compétence générale une « compétence partagée » en matière de culture, de sport et de tourisme. La jeunesse est apparue récemment dans le cadre d’un amendement, avec la vie associative et l’éducation populaire.

Il nous paraît fondamental que ce choix soit confirmé, au risque de compromettre les différentes dynamiques partenariales portées notamment par les régions et les départements.

En effet, depuis des années, se développent, dans ce cadre de véritables initiatives visant à contribuer à donner aux jeunes les moyens de construire leur histoire, avec une vision globale et non en étant réduits à être des «consommateurs» face à une multitude de «guichets».

C’est cette vision globale, responsabilisante et citoyenne, que les collectivités territoriales promeuvent, en lien avec l’État. C’est elle qui est susceptible de développer chez les jeunes une véritable autonomie et de véritables engagements solidaires. C’est grâce à elle qu’ils se sentent reconnus et valorisés, qu’ils peuvent participer à la vie de la Cité sans se sentir marginalisés ou réduits à l’état d’assistés. C’est avec cette approche et en la développant que nous donnerons à notre jeunesse le signal dont elle a besoin pour se sentir pleinement impliquée dans la construction de l’avenir de notre pays, sur chacun de nos territoires et en référence aux valeurs de la République.

Car, vouloir refonder la « république des territoires» en laissant sur le bord du chemin notre jeunesse ne nous permettra pas d’être à la hauteur des enjeux du moment. Aujourd’hui se superpose à la fracture sociale une fracture territoriale qui discrimine principalement les jeunes générations de notre pays. La situation d’apartheid évoquée récemment par le premier ministre est donc également ressentie comme une rupture générationnelle.

Agir collectivement pour notre jeunesse est donc une véritable urgence démocratique. En effet, malgré les efforts des uns et des autres, l’accès à l’autonomie et à la citoyenneté est aujourd’hui devenu, pour les jeunes, un véritable parcours du combattant.

Santé, logement, formation, loisirs, transport et emploi sont autant de défis à relever, autant d’occasions, pour nos jeunes, de trébucher quand il faudrait, au contraire, qu’ils puissent disposer d’une information unifiée et lisible, d’actions coordonnées entre des partenaires complémentaires, d’un accompagnement bienveillant et exigeant à la fois.

Cette situation nouvelle impose la mobilisation des compétences de l’ensemble de nos collectivités, évidemment en lien avec l’État. Il est indispensable que les Régions et les Départements puissent continuer à agir pour l’autonomie des jeunes et développent ensemble des manières de faire innovantes.

C’est pourquoi, nous, élus, décideurs, acteurs associatifs, organisations de jeunes, demandons à ce que la jeunesse soit une compétence partagée clairement inscrite dans la loi NOTRe et reconnue pour les Départements et les Régions.

Premiers signataires :

  • Philippe RICHERT, Président de la Région Alsace, 6e Vice-président de l’ARF
  • Martin MALVY, Président de la Région Midi-Pyrénées, porte-parole de l’ARF
  • Philippe MEIRIEU, Vice-Président Région Rhône Alpes, Président de la Commission Jeunesse de l’ARF
  • Laurence ADRIEN-BIGEON, Vice-présidente Région des Pays de la Loire
  • Sarah BOUKAALA, Conseillère régionale Rhône-Alpes
  • Chloë LE BAIL, Vice-présidente Région Pays de la Loire
  • Gaëlle LENFANT, Vice-présidente Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • François SIMON, Vice-président  Région Midi-Pyrénées
  • Julien VAILLANT, conseiller régional Lorraine
  • Nisrine ZAIBI, Vice-présidente Région Bourgogne.


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