Pour la mise en place de « conférences régionales permanentes de la jeunesse »

jeunesDans le cadre de la priorité à la jeunesse affirmée par le président de la République et voulue par le gouvernement, la Commission Jeunesse de l’ARF souhaite qu’une politique volontariste soit mise en place articulant étroitement un engagement de l’Etat et un engagement des Régions.

 

L’Etat, en effet, a toute légitimité pour définir une vraie politique nationale en faveur de la jeunesse, dépassant la simple juxtaposition des dispositifs d’aide ou de prise en charge qui existent dans les différents domaines et permettant vraiment à chaque jeune de construire son parcours de réussite, tant citoyen que professionnel. Les différents services déconcentrés de l’Etat ont bien évidemment, dans cette perspective, mission de relayer la priorité à la jeunesse, chacun dans leur domaine, mais aussi de se mettre en relation, au plan territorial, avec tous les acteurs susceptibles de faciliter la mise en oeuvre d’une politique globale permettant à chacune et chacun d’être accompagné au mieux.

De nombreuses actions en faveur de la jeunesse

De leur côté, les Régions ont déjà mis en place de nombreuses actions en direction de la jeunesse, et cela aussi bien en matière de formation que d’accès à l’emploi, d’accès à l’autonomie, de santé, de logement, de culture, de vie associative, de démocratie participative, d’aide à la mobilité, etc. Elles ont également engagé des collaborations multiples avec différentes instances et institutions susceptibles d’offrir aux jeunes une information exhaustive, des interventions et prestations qui se complètent, des soutiens convergents à leurs initiatives et une valorisation concertée de tout ce qui peut contribuer à leur réussite. C’est ainsi qu’elles travaillent avec l’Etat, mais également avec les départements, les agglomérations, les municipalités, le tissu associatif, etc.

Aujourd’hui, il faut aller plus loin ! Malgré les efforts des uns et des autres, les actions en faveur des jeunes restent trop segmentées, atomisées et peu lisible. C’est ainsi qu’elles peinent à trouver leur cohérence et à toucher tous les jeunes, en particulier les plus fragiles, toujours défavorisés quand les informations et actions qui leur sont proposées ne sont pas facilement accessibles. Par ailleurs, dans un cadre budgétaire contraint, il convient de privilégier les complémentarités et d’éviter les doublons inutiles comme les actions dont l’impact n’est pas attesté.

Les Régions collectivités de référence pour les 16-25 ans

Compte tenu du fait que les Régions sont aujourd’hui, de fait, les collectivités de référence pour les 16-25 ans, et assument déjà généralement un rôle d’ensemblier dans les interventions en faveur de ces publics, l’échelon régional est le niveau pertinent pour structurer et organiser des dynamiques partenariales, transversales et territorialisées en faveur de la jeunesse.

C’est pourquoi la Commission Jeunesse de l’ARF propose la mise en place, dans chaque région, d’une « CONFERENCE REGIONALE DE LA JEUNESSE » chargée d’élaborer « UN SCHEMA REGIONAL DES POLITIQUES DE JEUNESSE ». Ce schéma devra avoir pour objectif d’établir un diagnostic et de coordonner toutes les politiques de jeunesse à l’échelon régional, notamment les aides individuelles, afin d’accompagner les jeunes dans les meilleures conditions possibles, de la fin de la scolarité obligatoire à la citoyenneté engagé et à l’emploi durable.

La Commission Jeunesse de l’ARF propose que cette « conférence permanente » soit co- présidée par l’Etat et la Région (le Préfet de Région et le Président de Région) et associe, à la fois :

  • les différents services déconcentrés de l’Etat déployant des actions en faveur de la jeunesse,
  • les autres collectivités territoriales (ou leurs instances représentatives) déployant des actions en faveur de la jeunesse, Départements, Métropoles, Communautés de communes des grandes agglomérations…
  • les différentes institutions chargées d’aider les jeunes dans les différents domaines de leur vie,
  • les différentes associations de jeunesse ou ayant vocation à travailler en faveur de la jeunesse, reconnues par l’Etat,
  • des représentants des jeunes eux-mêmes à travers les institutions susceptibles d’incarner tous les jeunes (Conseil Académique de la Vie Lycéenne, Organisations étudiantes, mais aussi représentants des jeunes en formation professionnelle, en recherche d’emploi, jeunes issus des instances de démocratie participative existantes dans le territoire régional, etc.).Le « SCHEMA REGIONAL DES POLITIQUES DE JEUNESSE » devra comporter obligatoirement quatre volets :
  1. un volet « information » : il s’agit de mutualiser toutes les informations afin de permettre la mise à disposition de documents complets et exhaustifs à destination de tous les jeunes sur toutes les questions les concernant, à chaque échelle du territoire ;
  2. un volet « rationalisation des interventions et couverture des besoins » : il s’agit de mettre systématiquement en complémentarité les actions concernant les jeunes de manière à ce que tous les besoins soient couverts et que la lisibilité de cette couverture soit optimale ;
  3. un volet « accompagnement et lutte contre toutes les formes de rupture » : il s’agit d’organiser de manière concertée la lutte contre toutes les ruptures en formation, entre les formations, entre la formation et l’emploi, dans la prise d’emploi,etc. ;
  4. un volet « priorité(s) régionale(s) » : il s’agit d’identifier un ou des objets prioritaires de travail et de mobiliser, en une politique cohérente, tous les acteurs possibles afin de réaliser cette / ces priorités. Les collectivités les plus pertinentes pourront être désignées comme « chef de file » à l’échelle d’un territoire sur telle ou telle priorité.

Une expérimentation dans quelques régions volontaires

Les travaux et les résultats de la CONFERENCE REGIONALE DE LA JEUNESSE devront être rendus publics au moins trois fois par an ; ils donneront lieu à un rapport annuel qui sera transmis par le Préfet de Région et le Président de la Région à la ministre chargée de la Jeunesse.

Dans un premier temps, la Commission Jeunesse de l’ARF propose que quelques régions volontaires expérimentent ce dispositif.