Une étrange invitation

 

Paris, 12 Janvier 2012 – Le Président de la République vient de convoquer par presse interposée les représentants des collectivités locales pour les « associer à l’indispensable effort de réduction des déficits publics ». Etrange méthode.

Le Chef de l’Etat comme aucun de ses ministres n’a participé au Congrès annuel des Régions fin 2011. Pas davantage la Conférence nationale des Exécutifs, dont c’est pourtant le rôle, ne s’est réunie depuis des mois.

Les Régions françaises ne sauraient donc se plaindre d’une initiative « républicaine » aussi rare.

Toutefois, cette démarche s’inscrivant sur fond de polémiques entretenues quotidiennement par l’UMP, sur la prétendue mauvaise gestion des collectivités et singulièrement des Régions, les faits méritent d’être rappelés dès maintenant.

D’abord, les Régions sont parmi les seules collectivités publiques à rester des moteurs de croissance significatifs, et ce malgré la remise en cause de leurs ressources par la récente réforme de la fiscalité locale.

Elles pallient ainsi depuis plusieurs années les défaillances de l’Etat en matière de maintien dans l’emploi et de formation professionnelle.

« Les Régions sont aujourd’hui des acteurs indispensables en matière d’investissements d’avenir (lycées, apprentissage, recherche et innovation, soutien au PME, TER…) qui touchent la vie quotidienne de millions de français, alors même que le gouvernement ne cesse de les solliciter pour tous ses grands projets (LGV, Plan Campus, etc..). Et l’Etat de son côté réduit chaque jour davantage les moyens des services publics nationaux, à commencer par l’Education », tient à souligner Alain ROUSSET, Président de l’Association des Régions de France.

Les chiffres parlent d’eux même : les collectivité locales réalisent à elles seules les ¾ des investissements publics en France dont 20% sont assumés par les Régions, tout en parvenant à limiter leur endettement à 1% de celui de l’Etat.

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Comme toutes les collectivités locales, le budget de fonctionnement des Régions est lui déjà soumis à la règle d’or de l’équilibre entre recettes et dépenses.

De même, la croissance de leurs effectifs (de 24000 agents en 2005 à 74000 aujourd’hui) est intégralement due aux transferts par l’Etat des 50000 personnels techniques de l’Education nationale (TOS), sans compensation intégrale des coûts par l’Etat, ce qui est malheureusement une pratique généralisée depuis ces dernières années.

Les Régions ont donc le sentiment légitime de constituer plutôt des solutions que des problèmes, dans le contexte de crise que traverse le pays et de mériter mieux que de mauvais procès.

Les Régions et leurs élus sont prêts à contribuer à ce débat sur la compétitivité des collectivités publiques et notamment à discuter enfin avec les pouvoirs publics, des responsabilités de chacun et des moyens indispensables pour assumer mieux encore leurs missions au service de l’économie du pays.

Elles travaillent ardemment, dans le contexte de crise actuelle,  à accompagner le développement économique local et les efforts d’innovation, à revitaliser le tissu industriel afin de contribuer à cette priorité nationale qui est de restaurer l’emploi.

Au total, la ficelle est donc un peu grosse: l’Etat a vu sa dette augmenter de 500 milliards en 5 ans. C ‘est en somme l’hôpital qui se moque de la charité.