La théorie du bouc émissaire, de nouveau brandie à l’encontre des collectivités locales, est un artifice commode de campagne, mais surtout un défi au bon sens.
Le Chef de l’Etat, relayé par son Ministre de l’Intérieur, vient, en effet, de réitérer ses mises en cause et annonce une nouvelle fois, vouloir rencontrer les associations d’élus sur le thème des finances publiques : d’abord convoqués par voie de presse écrite, les élus de la Nation le sont désormais pas voie télévisée, notable progrès. Il met en cause « une anomalie: c’est que l’Etat serre la vis, il fait des économies considérables, mais les collectivités locales ne le font pas ».
Sur le fond il s’agit en réalité de préparer un nouveau mauvais coup pour les finances locales.
Non content d’avoir transféré des charges peu ou pas compensées dans la durée (exemple emblématique des formations sanitaires et sociales pour les Régions), de les solliciter sans cesse pour l’exercice de responsabilités pourtant nationales (LGV, Plan Campus, investissements d’avenir…), le gouvernement a mis en œuvre une réforme fiscale qui prive ces collectivités de toute marge de manœuvre. Pire dans le cas de Régions manifestement ciblées, tout pouvoir de taux a quasiment disparu. Et voilà que les dotations de l’Etat, déjà gelées, seraient appelées à diminuer. En somme, le gouvernement scie volontairement la branche sur laquelle ses principaux projets reposent et, plus généralement 70% de l’investissement public de ce pays.
Tous les grands acteurs publics sont évidemment appelés à faire des efforts. Mais il est, dans ce contexte, très paradoxal qu’un Etat surendetté et affecté d’un aussi lourd déficit budgétaire s’en prenne ainsi aux territoires, dont la gestion est nécessairement équilibrée. Parmi les critères possibles, pourquoi d’ailleurs l’Etat ne pourrait-il tenir compte de la situation des collectivités aux ressources faibles, comme le font les Régions en adaptant leurs aides en fonctionnement à la situation financière de leurs partenaires ?
Il est temps qu’un véritable contrat de confiance et non plus de défiance, permette de définir des solutions constructives, des efforts partagés, au service de l’intérêt général et non plus de calculs manœuvriers, dont la répétition ne peut conduire qu’à l’impasse.
Si la rencontre maintes fois annoncée a lieu, c’est ce langage de vérité que tiendront les Régions de France.
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